mardi 4 mars 2008

Philemon : là-haut, là-haut... Loooooin!!!

Je commencerai par m'excuser de vous délivrer cette chronique un peu tard, étant donné que nous sommes une semaine après le concert que je vais chroniquer aujourd'hui... Mon accès Blogger a sacrément buggé, encore désolée!!
Bref, cette review s'intéressera donc aux deux concerts exceptionnels que Philemon nous a offert mardi et mercredi dernier au Réservoir. Pour ceux qui ne connaissent pas Philemon (ce dont je doute fort), un petit retour en arrière... Philemon est un Nantais d'origine congolaise à côté duquel vous n'avez pas pu passer et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord car ce griot contemporain écume les scènes parisiennes et nationales depuis plusieurs années. Il est donc pratiquement impossible pour un mélomane addict au hip hop et à la soul live de ne pas avoir vu au moins une fois Philemon. Difficile de citer son palmarès de salles de concert sans en oublier tant elles sont nombreuses!! Tout à commencé aux Sunday School avec Sydney au Trabendo. Lorsque l'on voit et entend Philemon pour la première fois , l'adjectif différent nous vient à l'esprit. Je m'explique. Visuellement différent car être noir avec des dreads blondes ne vous fait clairement pas penser à MC Tout Le Monde. Musicalement différent car on se rend rapidement compte que son champ d'action et large et profond. Il raconte des tranches de vies avec poésie, humour, improvise, se place en professeur de "rimologie" afin de faire participer le public qui est très vite conquis par la maîtrise qu'il expose sans complexe. A ce moment là, je me dis que ce MC est loin de ce l'on nous propose en rap français et qu'il est sacrément talentueux.
S'en suivent de nombreuses scènes dont peu d'artistes de sa génération peuvent se vanter : l'Opus Café, Le Réservoir, La Scène Bastille, Le New Morning, Le Zénith (1ère partie de Kanye West), l'Elysée Montmartre (1ère partie de Busta Rhymes), de nombreux festivals (Rue au Grand Palais, Les Francopholies, 100 Contests, Version Live à la Foire de Paris...), les 1ères parties de MC Solaar partout en France, la 1ère partie de Zazie recemment à la Cigale... Vous comprendrez mieux pourquoi vous avez forcément croisé Philemon quelque part. Différent par ses influences perceptibles dans ses morceaux issues du Hip Hop, du Jazz, de la Soul. Différent dans sa discipline de MC. Car Philemon est avant tout un MC connu et respecté pour tous ces battles remportés un peu partout en France (End Of The Weak, Rue...). Il débarque à chaque fois avec son sa à dos prêt à dégainer, l'ai de rien, vannes et rimes qui "tueront" un MC peu averti...
Revenons au Réservoir ou plutôt devrais-je dire la résidence secondaire de Philemon. Oui il connait très bien ce lieu singulier qui l'aura accueilli une bonne dizaine de fois... Quel endroit plus approprié aurait-il pu choisir pour poser ses valises le temps d'une grande histoire et de quelques inédits?? Aucun autre.
C'est donc parti pour deux concerts dont le but est de nous faire (re)découvrir son album "L'Excuse" dans les bacs depuis mai 2007, de nous faire partager des inédits avec des guests, et de lancer un printemps très chargé en concerts!! Bien entendu, Philemon n'est pas seul sur scène, il est accompagné de musiciens : JP Groove (Basse), Rico (Guitare), Michael Dravigny (Claviers), d'un DJ : DJ Keri. Mais aussi de ses "backs" Boogie Monsta et Deste et de Ludy aux choeurs. Lorsque l'on a deux dates à un endroit, la 1ère est forcément la répétition de la seconde... J'ai apprécié le premier soir et ai adoré le second!! Je ne vais pas vous raconter les deux concerts en détails puisque les deux shows ont présenté sensiblement les mêmes titres en dehors des featuring. Mardi nous avons eu des inédits avec Dan Kamit, Wendy et Kohndo. Je ne connais malheureusement pas les titres et ne pourrai pas vous donner les noms de ces exclus du prochain album (?). En tous cas ce qui est sûr c'est que ces trois artistes évoluent aux côtés de Philemon depuis longtemps et qu'il se dégageait de la complicité, de l'amitié et du plaisir. Un mot sur Dan Kamit et Kohndo. Le premier est la dernière signature de Motown France et devrait sortir son album "Les mots et les couleurs" dans exactement 47 jours (:-) info du myspace officiel de ses fans...), en attendant il fera la première partie de Jenyfer sur toute sa tournée. Il commença en faisant les choeurs de Philemon sur "Nuits Blanches", morceau qu'ils interprétaient ensemble en 2002/2003. Kohndo quant à lui fait son bonhomme de chemin en faisant lui aussi du hip hop high quality avec son band the Velvet Club.
Le lendemain Philemon invite MC Solaar, Humphrey et encore Wendy. Les deux premiers entourent aussi Philemon depuis longtemps. En effet, le morceau avec Claude M'Barali aka Mc Solaar a été enregistré bien avant que Philemon fasse la première partie de sa tournée fin 2007. Là aussi on assiste à une vraie partie de plaisir autant du côté de l'hôte que de son invité de marque. Un coup de coeur pour "La Tour des Etoiles", le duo avec Humphrey, véritable hommage à tous les artistes qui se donnent du mal pour réussir. Excellente performance entre les couplets posés de Philemon et les envolées vocales d'Humphrey.
En dehors des morceaux avec les guests, on (re)découvre les titres de "L'Excuse", la plupart réarrangés pour l'occasion, avec un côté DJ + live band réussi. L'artiste a son public de fidèles qui n'hésitent pas à reprendre ses refrains en coeur. Effectivement, on voyage dans des univers mucicaux divers et variés, Jazz, Soul, Hip Hop, Zouk... Il y en a pour tous les goûts et toutes les oreilles. Mention spéciale à "Respecte ton Rang", morceau pour le coup transformé par rapport à la version album mais néanmoins magnifique. Ses backs, Boogie Monsta et Deste apparaissent afin de l'appuyer sur des morceaux plus Hip Hop. Ils improvisent des couplets montrant leurs talents de MC eux aussi. Ce n'est pas chose aisée d'être sur scène aux côtés de Philemon tant le Monsieur a de la prestance et de l'entraînement. Ils s'en sortent cependant très bien et défendent sans mal leur présence sur scène. Il a toujours eu ce point fort : la scène. Enfin il nous a vraiment démontré qu'il pouvait aller encore plus loin et prendre de la hauteur en travaillant sa mise en scène et en délivrant un show qualitatif et émouvant. Tout le monde a bien senti qu'il se passait quelque chose ce soir-là et Philemon n'a absolument rien à envier à ses pairs qui appartiennent au paysage du rap français actuel, bien au contraire!

Philemon est décidément bien parti pour aller là-haut, là-haut, loooooin!!!


L'album : "L'Excuse" à se procurer d'urgence (Djabaka)
Toutes les infos (actu, dates...) sur Philemon : http://www.myspace.com/philemonline
Pleins de dates de concerts à venir : à surveiller!!

Dan Kamit : http://www.myspace.com/dankamit

Kohndo : http://www.myspace.com/kohndo

Wendy : http://www.myspace.com/wondawendy

MC Solaar : www.solaarsystem.net

Humphrey : www.humphreymusic.com

mardi 29 janvier 2008

Omar : l'héritier de la Soul made in UK

Pour commencer je vous souhaite à toutes et à tous une bonne année faite de bonne santé, bonheur et musique!
L'année 2008 débute en beauté avec le concert d'Omar qui a eu lieu à la Maroquinerie samedi dernier. Après deux dates annulées en 2007, on terminait par se dire que voir Omar sur scène à Paris n'était qu'une utopie. Bref, il était très attendu et les afficionados n'ont pas manqué le rendez-vous puisque la salle était archi pleine.
Avant de parler du concert, je me dois de resituer le Monsieur. Ce Jamaïcain qui a aussi des origines chinoises et indiennes a grandi en Angleterre et est arrivé dans le paysage musical il y a plus de 15 ans. Inspiré de Latin Jazz, Soul, Funk et Hip-Hop, ce musicien pluri-instrumentaliste n'a rien à envier à ses compères d'Outre Atlantique. Son premier tube "There's Nothing Like This" sorti en 1992, le propulse haut dans les charts et lui accorde une crédibilité dans le paysage nu-soul du début des 90'. Omar change plusieurs fois de label (Kango Dance, Naïve, RCA) et sort cinq albums qui rencontrent plus ou moins un succès important. Après une "pause" de cinq ans au cours de laquelle il en profite pour mettre en place son home studio et monter son label "Blunt Music Ltd", Omar sort "Sing (If You Want It)" en mai 2006. Il était primordial pour lui de pouvoir travailler en toute liberté en ayant son propre studio et d'ainsi produire lui-même ses albums. Pour ce nouvel opus Omar a envie que certains titres tournent en club et lui confère des productions plus funky. Pour ce faire, il demande à son frère, Scratch Professor, d'apporter une touche rythmique Hip Hop sur ses compositions. Ensuite, il demande à de nombreux guests de participer à certains morceaux : Angie Stone, Estelle, Rodney P, JC Bentley, Common et Stevie Wonder. Ce dernier tombe sous le charme du talent du Britannique dès la sortie de "There's Nothing Like This" et lui promet de faire un duo ... chose faite 15 ans après avec "Feeling You".
Pendant ces quinze années, les deux se croisent, notamment sur le plateau de Taratata (à regarder et re-regarder sur Youtube) où ils interprètent "Don't You Worry 'Bout A Thing" : grand moment. En ce qui concerne sa rencontre avec Common, en 2002 Omar apparaît sur l'album du rappeur sage "Eectric Circus".
Il est maintenant temps de revenir à samedi soir... Je n'ai malheureusement pas pu assister à la première partie tenue par "Dinner At The Thompson's". J'étais déçue car, à en croire les personnes qui étaient là, ça avait l'air trsè bien. Résolution pour 2008 : essayer d'arriver à l'heure aux concerts! :-). Omar monte sur scène à 21H accompagné d'un clavier, un guitariste, un batteur, un bassiste et deux choristes. Bien entendu chaque membre du band assure et reproduit à merveille la musicalité et le ton des compositions de l'artiste. Omar enchaîne les morceaux avec simplicité, énergie, humilité, en innovant parfois, bref avec talent. Il nous offre, comme à son habitude apparemment, une belle reprise de "Everybody Loves The Sunshine" de Roy Ayers . Mentions spéciales pour "Ghana Emotion", "Essensual", "Be Thankful", "There's Nothing Like This" et le si dansant "It's So...". Ses choristes sont à la hauteur de sa voix reconnaissable entre mille. Avec son timbre particulier, sans forcer, il est très à l'aise dans les graves et a une agréable voix de tête. Il nous offre de temps en temps quelques notes sortant de son clavier "old school", on sent sa maîtrise musicale et son envie de partager son univers avec le public qui lui répond en chantant et dansant. C'est un vrai plaisir. Il reste près de deux heures sur scène, fait deux rappels dont le dernier sur "Fine" accapella au cours duquel il chante, joue la rythmique sur sa cage thoracique, claque des doigts, et coupe le rythme avec sa gorge... indescriptible... mais fort!!

En résumé, Omar à ne pas louper!!!

Si certains d'entre vous n'étaient pas là samedi et souhaitent voir Omar très prochainement, il sera le 15 mars au Canal 93 à Bobigny dans le cadre de "Bobigny Soul City" (festival qui accueillera aussi Soulive).
Renseignements : www.canal93.net

Et bien sûr toujours dans les bacs : "Sing (If You Want It") (Blunt Music Ltd)

lundi 17 décembre 2007

MC Solaar : de la prose...mais pas de combat extraordinaire


Désolée de vous donner cette chronique assez tard mais le temps m'a manqué sur la fin de la semaine dernière (5 concerts, les cadeaux de Noël....:-)). Même si elle arrive une semaine après l'actualité dont je veux vous parler aujourd'hui, j'étais obligée de faire une chronique sur le concert de MC Solaar au Bataclan. En effet, Claude M'Barali a occupé la scène du Bataclan 6 soirs entre le 6/12 et le 12/12. J'y suis allée 2 fois, la première étant le dimanche soir et le concert commençant à 18H, je suis arrivée à 19H, normal, les concerts commencent toujours en retard. Eh ben là non, première partie, Philemon, à 18H pétantes sur scène. Depuis quand les concerts commencent à l'heure à Paris??? Bref voulant voir Philemon (qui fera l'objet de la prochaine chronique) sur scène je suis revenue le mardi....
Il faut quand même préciser que pour moi, MC Solaar c'est plus ou moins le premier artiste que j'ai écouté en rap français à l'époque de "Qui sème le vent récolte le tempo" et c'est surtout le premier concert que j'ai fait à 15 ans à Bergerac dans mon Périgord natal....
Ce dimanche ressemblait donc à un pélerinage 12 ans après... J'arrive au Bataclan et entends "Caroline", magnifique, chanson que j'ai dû écouter au moins 100 fois à l'époque. Je m'empresse d'entrer dans la salle et n'ai aucune difficulté à atteindre le devant de la scène puisque la salle est loin d'être pleine. Je me surprends à connaître les paroles par coeur alors que je n'ai pas écouté ce titre depuis 10 ans... Le titre est réarrangé, OK, ça passe bien, on est en 2007, c'est un live, très bien.... 
Il faut aussi savoir que j'ai suivi MC Solaar de très loin après "Prose Combat", m'intéressant à d'autres artistes et ne retrouvant pas le plaisir que j'ai pu avoir avec les 2 premiers albums.
Tout ça pour dire que les derniers albums ne m'ont pas emballée et que je suis venue afin de peut-être avoir une bonne surprise, découvrir des titres à côté desquels je suis passée, entendre les anciens morceaux qui resteront forts tant au niveau des textes que des mélodies.
MC Solaar est sur scène avec des musiciens qui assurent, un clavier/DJ, comme on dit "ça tourne", deux backs dont Bambi Cruz et une choriste. 
Les titres s'enchaînent, j'essaies de me mettre dans le nouveau Solaar plus variet', plus rock. Effectivement, le rappeur a 7 albums à son actif, il faut se renouveler, il a changé, sa musique aussi, c'est tout à son honneur de vouloir amener de nouvelles choses. Je ne suis pas en train de rester bloquée en 1995, je fais abstraction du 1er concert et suis vraiment ouverte à ce que je peux entendre. J'écoute avec attention les nouveaux titres, je ne rentre pas dedans, ça ne me touche pas. Une mention spéciale pour "Ben oui!" et "Si on t'demande", titres qui, pour moi, sont faciles et ne collent pas du tout à Solaar le maître des mots, le rappeur poète. Les autres textes sont bien écrits, il reste une référence en écriture. Les lumières sont appropriées, esthétiques, lui est absent, le show sans âme. "Bouge de là" reste mythique, seul vrai plaisir du concert. Je reste jusqu'à la fin, il termine avec "Da Vinci Claude", RAS de mon côté...
Je reviens donc le mardi soir, je vois la première partie. Philemon assure. Je refais le concert, c'est un peu plus péchu, il a l'air plus en forme mais il ne se passe toujours rien pour moi...
Je suis déçue de ne pas entendre "Obsolète", de n'avoir qu'1 min du duo avec Guru paru sur Jazzmatazz et de n'avoir qu'un extrait du titre avec Urban Species. Ce n'est décidément pas un concert pour les amoureux de Solaar d'avant l'entrée dans le nouveau millénaire... Je suis néanmoins contente d'être venue afin de me rendre compte de ce que donne le fabuleux MC en 2007 mais pars avant la fin cette fois-ci.
Le public est enthousiaste, participatif, tant mieux...
Je suis passée à côté!!


Une petite vidéo quand même : "Caroline" restera sublime!!



lundi 10 décembre 2007

Davy Sicard ou le prince du Maloya


Cela fait longtemps que je n'ai rien écrit... J'attendais d'avoir matière à vous faire une belle chronique, c'est chose faite aujourd'hui. Mon retour aura pour objet Davy Sicard. Le Réunionnais clôturait la tournée de promotion de son premier album "Ker Maron" ce samedi à la Maroquinerie. Je ne connaissais pas plus que ça l'album, j'avais juste entendu quelques titres que j'appréciais beaucoup. J'ai donc voulu voir ce qu'il allait nous offrir lors de ce concert qui s'est avéré exceptionnel. Pour ceux d'entre vous qui ne connaissent pas Davy (ben il faut se réveiller!!), donc il est réunionnais, il chante en français et créole et nous emmène dans son univers porté par le maloya. Alors là tout le monde fronce les sourcils : "c'est quoi le maloya??". Définition du courant musical : le mot vient du malgache "maloy aho". "Maloy" voulant dire "parler, dégoiser, dire ce que l'on a envie de dire". En effet, comme le blues américain, le maloya est un chant de complainte, chanté à l'origine par les esclaves ayant le mal du pays ou se plaignant des mauvais traitements de leur maîtres. Ces chants étaient interdits jusqu'au début des années 80 (de 1900...) à cause de leur caractère jugé trop revendicatif. Davy découvre le maloya à l'âge de 18 ans, y retrouve ses racines et s'en imprègne afin d'en faire sa musique de prédilection mais dans une version moderne et actuelle. Il réussit à réunir son époque et celle de ses ancêtres en écrivant sur des sujets qui lui tiennent à coeur comme la famille, l'amitié, l'amour, la musique, la danse et en conservant des instruments traditionnels tels que le roulèr ou le kanyanb. Il devient donc l'ambassadeur de cette musique et de cette culture si riche et cosmopolite. Pendant près de 2H il nous fait voyager entre émotion et fête. L'assistance est émue et silencieuse sur "Un peu de moi "et se déhanche sur "Ker Maron" ou "Maloya Kabosé"... Davy Sicard est empreint de sagesse et de générosité admirables. Sa voix claire transporte le public avec lequel il partage ses paroles et des danses en se mélangeant à lui et faisant de la salle un véritable lieu de fête. Il invite les enfants à le rejoindre devant la scène afin de leur conter l'histoire de la Réunion avec 'I di (fé inn)", hymne à son amour pour l'île. Enfin, avec beaucoup d'humilité, Davy Sicard remercie les personnes qui l'ont soutenu dans les moments où il n'y croyait plus et accompagné dans cette aventure. Il est très reconnaissant et ces personnes ne se sont pas trompées. Il était enchanté de partager ce moment avec son public parisien qui le lui a bien rendu. Malheureusement il faudra attendre avant de revoir Davy sur nos scènes, à quand le second album?
Un grand merci à ce "Ker Maron" au grand coeur.


Achetez "Ker Maron" (Up Music) dispo partout
Allez voir et écouter sur www.davysicard.com ou www.myspace.com/davysicard

mercredi 28 novembre 2007

Kanye West vs 50 Cent, match nul!!


Après le concert de Kanye West au Zénith de Paris le 17/11 dernier, c'était au tour de 50 Cent d'être au Palais Omnisports de Paris Bercy hier soir. Présente aux deux concerts, j'attendais celui d'hier afin de comparer les shows des deux rappeurs qui sont en guerre depuis le mois de septembre. Pourquoi? Car les deux artistes, après des reports pour les deux, ont sorti leurs albums respectifs le même jour (apparemment à la demande de Kanye West...). A ce moment le rappeur de New York déclare qu'il se retirerait du devant de la scène si Kanye West vendait plus d'albums que lui!! Ouhhhhh!! Ca craint!! :-). En tous cas, cette déclaration audacieuse aura eu le mérite de retenir l'attention des Hip-Hoppers de la planète et leur aura permis de faire la couverture du célèbre magazine Rolling Stones! Chose qui à notre échelle nationale me paraît peu probable : imaginez à l'époque IAM et NTM faisant la couverture des Inrockuptibles... Réalité ou coup Marketing (les deux sont chez Universal), le fait est que les ventes des deux opus sont suivies de près lors de leur première semaine dans les bacs. A l'issue de cette période, le rappeur de Chicago est devant 50 Cent avec 957 000 albums écoulés contre 691 000... La maison de retraite t'attend 50!
Kanye : 1, 50 Cent : 0. Je ne sais pas où en sont actuellement les ventes mais il semblerait que Chicago soit toujours devant.
Au départ plus attirée par l'univers musical de Kanye West que part celui de 50 Cent (même si j'apprécies les tubes de ce dernier, à un moment on a une préférence), j'ai établi une série de critères afin de comparer les deux shows : 
- la salle : Kanye West (Bercy c'est trop grand à mon goût).
- le son : 50 Cent. Kanye a eu deux entrées en scène sans son dans le micro et la visite de notre ami larsen à plusieurs reprises. 
- le décor : Kanye West : ambiance galaxie polaire avec des icebergs et un écran projetant des images peu pertinentes, le band (musiciens et choristes) en hauteur, pas mis en valeur à cause des lumières provenant des côtés bas de la scène et non du dessus. 50 Cent : pas vraiment de décor, hormis un écran en arrière plan et deux écrans sur les côtés sur lesquels étaient projetés des clips, des images bien bling-bling, la scène. Rien que pour les écrans : 50 Cent.
- la lumière : c'est ce qui a valu l'avantage pour 50 Cent au critère précédent. Effet Daft Punk +néons pour Kanye, mais franchement pas clair. Rien de spécial pour 50 Cent mais simple et visible : 50 Cent.
- les musiciens : je suis incapable de vous donner la formation exacte de Kanye car je ne voyais rien mais il avait des musiciens de qualité et ce pendant tout son concert. 50 avait un band réduit : clavier/basse/batterie apparaissant sur 50% du show. On notera quand même l'effort mais  : Kanye West.
- les effets : beaucoup de fumée pour Kanye West = brouillard. Des lance flammes et un podium qui d'élève pour le second, donc : 50 Cent.
- les guests : Kanye West : Common. 50 Cent : Toni Yayo et Lloyd Banks. Donc : Kanye West.
- capital sympathie : Kanye a enchaîné les titres, sans sourire, sans rien dire au public à part : "It's the good life in Paris", génial, merci. Il a des circonstances atténuantes mais "the show must go on"... 50 Cent a peu parlé mais était souriant, collectait et mettait les casquettes envoyées par le public, s'est arrêté 2 min sur un CD lancé par un fan... Bref : 50 Cent
- première partie : je suis arrivée après celle de 50 Cent. Apparemment Rohff était présent grâce à une autorisation de sortie de prison exceptionnelle... De toutes façons Kanye West avait gagné d'avance car Common assurait sa première partie et a été très bon (il faut qu'il revienne seul)... Vainqueur : Kanye West.
- durée du show : égalité, temps moyen pour un rappeur américain qui se respecte : entre 1H15 et 1H30...
- prix de la place : même prix : environ 45 euros. Egalité.
Si on compte les points de chacun, Kanye : 4 et 50 Cent : 5!!
Hier soir à Paris, 50 Cent a marqué un point face à son adversaire et nous donne donc une égalité sur la globalité du match! 
Maintenant j'ouvre un autre débat, vaut-il mieux être le plus gros vendeur de disques et ne pas être sympa ou l'inverse?? A vous de voir!!


Actu discographique : 
50 Cent : "Curtis" (Shady Records/Aftermath Records/Interscope Records)
Kanye West : "Graduation" (Roc-A-Fella Records/LLC)
Pour tout savoir sur les deux et suivre le match : 
M. West : www.rocafella.com (il n'a pas de site officiel...) 
M. Cent : www.50cent.com

dimanche 25 novembre 2007

C'est l'occasion d'en parler... de Michel Berger


Mercredi, France Gall et France 2 ont rendu hommage à Michel Berger. En effet, Michel Jean Hamburger de son vrai nom est parti il y a 15 ans... L'idée de cette chronique aujourd'hui est non seulement de parler de cette émission mais surtout de Michel Berger car comme beaucoup d'entre nous j'ai grandi avec ce compositeur de talent.
Pour moi Michel Berger est le compositeur qui a amené du rythme et tellement d'âme à la variété française. Ces compositions groovent terriblement, les arrangements sont excellents, les textes sont sensés et profonds. Ces ballades sont sincères et mélodiques. Il a offert de nombreux tubes à de nombreux artistes : France Gall, Johnny Hallyday, Françoise Hardy, Véronique Sanson et d'autres. 1978, sort Starmania, la comédie musicale avant-gardiste dont l'hymne le "Blues du Businessman" révéla Daniel Balavoine et "Ziggy" repris plus tard par Céline Dion alors inconnue. Entre la fin des 70's et les 90', la liste des tubes est longue : "Diego", "Message personnel", "Il jouait du piano debout", "Ella", "La groupie du pianiste", "Si maman si", "Evidemment"... Tant de morceaux qui restent inoubliables. 
Je n'ai pas pu regarder l'émission mercredi, l'ai enregistrée et l'ai regardée aujourd'hui, dimanche parfait pour un après-midi d'automne... Les titres défilent et je me rends compte que la musique de Michel Berger n'a pas pris une ride : les compositions ne sont pas obsolètes et l'émotion est intacte à l'écoute de ses paroles.
France Gall est au centre du programme et va de chanson en chanson, d'artiste en artiste en s'arrêtant de temps en temps afin de visionner des mini-reportages sur son mari. C'est divertissant, original, ressemble plus à un film qu'à une émission de variété comme on a l'habitude de voir. Cela vient peut-être du fait que l'équipe de tournage est issue du cinéma et non de la télé. De nombreux artistes aussi bien d'hier que d'aujourd'hui sont présents : Johnny Hallyday, Françoise Hardy, Louis Chedid, Laurent Voulzy, Alain Chamfort, Michel Jonasz, Christophe, Céline Dion, Roch Voisine, David Hallyday, Calogéro, Vanessa Paradis et M (inséparables), Christophe Maé, Tété, Amel Bent, Leslie, Diam's, Christophe Willem... Les chansons sont pour certaines réarrangées et les différents artistes se les réapproprient. La nouvelle génération s'adapte aux morceaux sans problème tout en amenant chacun sa "patte", encore une preuve de l'intemporalité du compositeur.
J'ai juste un regret, et cela à cause de mon goût pour la performance live : un hommage à cet amoureux de la musique méritait que tous les artistes se produisent en live, chose encore trop rare à la TV... Sauf dans l'émission qui a le quasi monopole du genre sur nos grandes chaînes nationales, je parle bien entendu de Taratata qui accueillera Johnny Hallyday pour une émission spéciale mercredi 5 décembre à 20H50 sur France 2 bien sûr!! 

Infos : 
Il y a peut-être une rediffusion, surveillez!
Pour ceux qui aiment Michel Berger, un best of comprenant 40 titres est disponible depuis le 6/11 : "Chanter pour ceux"

vendredi 23 novembre 2007

American Gangster : LE film du moment


Bon en gros si c'est pas déjà fait prenez 2H37 et courrez voir American Gangster. Sans entrer dans des détails de critique cinématographique que je ne suis pas, c'est effectivement LE film de cette fin d'année. Les raisons sont multiples.
1- L'histoire : il retrace la vie de Frank Lucas (Denzel Washington), qui fut pendant des années dans l'ombre du parrain de la drogue Bumpy Johnson, au moment où il reprend les rennes du trafic à Harlem dans les 70's. Il construit un pont aérien à l'aide de complices basés au Vietnam afin d'importer des centaines de kilos de cocaïne pure qu'il revend très peu cher dans les rues de New York. Afin d'être le plus discret possible, il prend ses frères comme associés et réussi à mener son business discrètement jusqu'au jour où l'inspecteur Roberts (Russell Crowe) commence à s'intéresser à lui... Les 2 acteurs principaux sont incroyables, Denzel Washington est un trafiquant impartial mais charitable envers ses pairs d'Harlem tel Robin des Bois et Russell Crowe est un flic paumé et discrédité par sa hiérarchie mais obstiné à faire tomber ceux qui tuent tant de gens. Ridley Scott nous propose cependant 2 personnages très proches par la dignité qui les anime.
2- L'ambiance : Harlem des 70's, un mélange entre les "Affranchis" et "Jackie Brown".
3- Les guests : Common (frère de Frank Lucas), TI (neveu de Frank Lucas), Cuba Gooding Jr (Nicky le "pimp")
4- La BO!!!! : excellente. Ceux qui ont aimé celle de "Jackie Brown" se procureront cette BO sans faute. Justement le fameux "Across 110th Street" de Bobby Womack, véritable hymne du film de Tarantino nous réjouit à nouveau. Donc du bon vieux : Sam & Dave, John Lee Hooker, The Staple Singers (à l'origine du sample du fameux "Lest's Talk About Sex" de Salt'N'Pepa) pour ne citer qu'eux... Et du nouveau pour Anthony Hamilton. Ahh Anthony, je pourrais vous en parler très longtemps tellement j'adore cet ex choriste de D'Angelo. Il nous offre 2 morceaux réussis inspirés de vieille Soul de l'époque à laquelle se déroule le film. Mention spéciale pour "Do You Feel Me?" titre sur lequel il apparaît dans le film, juste magnifique!! En ce qui concerne l'artiste, on l'attend toujours pour un concert parisien, qui aura l'audace de le faire venir??? Pour patienter, 2 opus de lui à côté desquels vous ne devez absolument pas passer : "Comin From Where I'm From" et "Ain't Nobody Worryin". Plus un album de morceaux enregistrés il y a longtemps (qui est un peu moins bon) : "Southern Comfort". Coup de coeur pour son CD/DVD live "Anthony Hamilton Live" qui nous permet de prendre le talent et la profondeur de cet artiste trop peu mis en avant à mon goût.
Tout est donc réuni autour d'un bon film et des acteurs qui je l'espère seront récompensés aux Oscars...
A l'heure où je termine cette chronique, il y a la Star Ac' à la TV... Craig David a grossi... rien ne va plus!

A regarder pour en savoir plus :
www.americangansterlefilm.fr
La BO est dispo depuis le 6/11 chez Def Jam.
Et bien sûr : www.anthonyhamilton.com
Un lien : http://youtube.com/watch?v=7ErJKRd7hfQ