lundi 17 décembre 2007

MC Solaar : de la prose...mais pas de combat extraordinaire


Désolée de vous donner cette chronique assez tard mais le temps m'a manqué sur la fin de la semaine dernière (5 concerts, les cadeaux de Noël....:-)). Même si elle arrive une semaine après l'actualité dont je veux vous parler aujourd'hui, j'étais obligée de faire une chronique sur le concert de MC Solaar au Bataclan. En effet, Claude M'Barali a occupé la scène du Bataclan 6 soirs entre le 6/12 et le 12/12. J'y suis allée 2 fois, la première étant le dimanche soir et le concert commençant à 18H, je suis arrivée à 19H, normal, les concerts commencent toujours en retard. Eh ben là non, première partie, Philemon, à 18H pétantes sur scène. Depuis quand les concerts commencent à l'heure à Paris??? Bref voulant voir Philemon (qui fera l'objet de la prochaine chronique) sur scène je suis revenue le mardi....
Il faut quand même préciser que pour moi, MC Solaar c'est plus ou moins le premier artiste que j'ai écouté en rap français à l'époque de "Qui sème le vent récolte le tempo" et c'est surtout le premier concert que j'ai fait à 15 ans à Bergerac dans mon Périgord natal....
Ce dimanche ressemblait donc à un pélerinage 12 ans après... J'arrive au Bataclan et entends "Caroline", magnifique, chanson que j'ai dû écouter au moins 100 fois à l'époque. Je m'empresse d'entrer dans la salle et n'ai aucune difficulté à atteindre le devant de la scène puisque la salle est loin d'être pleine. Je me surprends à connaître les paroles par coeur alors que je n'ai pas écouté ce titre depuis 10 ans... Le titre est réarrangé, OK, ça passe bien, on est en 2007, c'est un live, très bien.... 
Il faut aussi savoir que j'ai suivi MC Solaar de très loin après "Prose Combat", m'intéressant à d'autres artistes et ne retrouvant pas le plaisir que j'ai pu avoir avec les 2 premiers albums.
Tout ça pour dire que les derniers albums ne m'ont pas emballée et que je suis venue afin de peut-être avoir une bonne surprise, découvrir des titres à côté desquels je suis passée, entendre les anciens morceaux qui resteront forts tant au niveau des textes que des mélodies.
MC Solaar est sur scène avec des musiciens qui assurent, un clavier/DJ, comme on dit "ça tourne", deux backs dont Bambi Cruz et une choriste. 
Les titres s'enchaînent, j'essaies de me mettre dans le nouveau Solaar plus variet', plus rock. Effectivement, le rappeur a 7 albums à son actif, il faut se renouveler, il a changé, sa musique aussi, c'est tout à son honneur de vouloir amener de nouvelles choses. Je ne suis pas en train de rester bloquée en 1995, je fais abstraction du 1er concert et suis vraiment ouverte à ce que je peux entendre. J'écoute avec attention les nouveaux titres, je ne rentre pas dedans, ça ne me touche pas. Une mention spéciale pour "Ben oui!" et "Si on t'demande", titres qui, pour moi, sont faciles et ne collent pas du tout à Solaar le maître des mots, le rappeur poète. Les autres textes sont bien écrits, il reste une référence en écriture. Les lumières sont appropriées, esthétiques, lui est absent, le show sans âme. "Bouge de là" reste mythique, seul vrai plaisir du concert. Je reste jusqu'à la fin, il termine avec "Da Vinci Claude", RAS de mon côté...
Je reviens donc le mardi soir, je vois la première partie. Philemon assure. Je refais le concert, c'est un peu plus péchu, il a l'air plus en forme mais il ne se passe toujours rien pour moi...
Je suis déçue de ne pas entendre "Obsolète", de n'avoir qu'1 min du duo avec Guru paru sur Jazzmatazz et de n'avoir qu'un extrait du titre avec Urban Species. Ce n'est décidément pas un concert pour les amoureux de Solaar d'avant l'entrée dans le nouveau millénaire... Je suis néanmoins contente d'être venue afin de me rendre compte de ce que donne le fabuleux MC en 2007 mais pars avant la fin cette fois-ci.
Le public est enthousiaste, participatif, tant mieux...
Je suis passée à côté!!


Une petite vidéo quand même : "Caroline" restera sublime!!



lundi 10 décembre 2007

Davy Sicard ou le prince du Maloya


Cela fait longtemps que je n'ai rien écrit... J'attendais d'avoir matière à vous faire une belle chronique, c'est chose faite aujourd'hui. Mon retour aura pour objet Davy Sicard. Le Réunionnais clôturait la tournée de promotion de son premier album "Ker Maron" ce samedi à la Maroquinerie. Je ne connaissais pas plus que ça l'album, j'avais juste entendu quelques titres que j'appréciais beaucoup. J'ai donc voulu voir ce qu'il allait nous offrir lors de ce concert qui s'est avéré exceptionnel. Pour ceux d'entre vous qui ne connaissent pas Davy (ben il faut se réveiller!!), donc il est réunionnais, il chante en français et créole et nous emmène dans son univers porté par le maloya. Alors là tout le monde fronce les sourcils : "c'est quoi le maloya??". Définition du courant musical : le mot vient du malgache "maloy aho". "Maloy" voulant dire "parler, dégoiser, dire ce que l'on a envie de dire". En effet, comme le blues américain, le maloya est un chant de complainte, chanté à l'origine par les esclaves ayant le mal du pays ou se plaignant des mauvais traitements de leur maîtres. Ces chants étaient interdits jusqu'au début des années 80 (de 1900...) à cause de leur caractère jugé trop revendicatif. Davy découvre le maloya à l'âge de 18 ans, y retrouve ses racines et s'en imprègne afin d'en faire sa musique de prédilection mais dans une version moderne et actuelle. Il réussit à réunir son époque et celle de ses ancêtres en écrivant sur des sujets qui lui tiennent à coeur comme la famille, l'amitié, l'amour, la musique, la danse et en conservant des instruments traditionnels tels que le roulèr ou le kanyanb. Il devient donc l'ambassadeur de cette musique et de cette culture si riche et cosmopolite. Pendant près de 2H il nous fait voyager entre émotion et fête. L'assistance est émue et silencieuse sur "Un peu de moi "et se déhanche sur "Ker Maron" ou "Maloya Kabosé"... Davy Sicard est empreint de sagesse et de générosité admirables. Sa voix claire transporte le public avec lequel il partage ses paroles et des danses en se mélangeant à lui et faisant de la salle un véritable lieu de fête. Il invite les enfants à le rejoindre devant la scène afin de leur conter l'histoire de la Réunion avec 'I di (fé inn)", hymne à son amour pour l'île. Enfin, avec beaucoup d'humilité, Davy Sicard remercie les personnes qui l'ont soutenu dans les moments où il n'y croyait plus et accompagné dans cette aventure. Il est très reconnaissant et ces personnes ne se sont pas trompées. Il était enchanté de partager ce moment avec son public parisien qui le lui a bien rendu. Malheureusement il faudra attendre avant de revoir Davy sur nos scènes, à quand le second album?
Un grand merci à ce "Ker Maron" au grand coeur.


Achetez "Ker Maron" (Up Music) dispo partout
Allez voir et écouter sur www.davysicard.com ou www.myspace.com/davysicard